Santé

 

 

 

Réunion débat

Organisée par l’E.P.E. sur le thème

« L’art de bien vieillir »

animée par Madame Chantalle SERVAIS

 

 


A- Informations/discussions sur les stades de développement de la personne humaine

Les explications sur le sentiment d’épanouissement intègrent aussi celui de «bien ou mal vieillir ». L’animatrice se réfère à des concepts de l’ordre métaphorique selon lesquels les mouvements de la vie s’accompliraient en 6 étapes + une étape de repos (la création biblique).

 

Ou par analogie aux solstices d’été et d’hiver qui alternent tous les 6 mois.

 

B- Les 7 périodes de l’existence

 

Périodes

Définition

n° 1

petite enfance

n° 2

enfance

n° 3

adolescence

n° 4

âge adulte

n° 5

maturité

n° 6

âge avancé

n° 7

grand âge

 

Par métaphore, au départ l’être humain est comparable à la « graine que l’on vient de semer ». La graine porte en elle tout le potentiel génétique nécessaire à son épanouissement en tiges, feuilles, fleurs, fruits, graines reproductrices, pourvu que l’on soit attentif :

 

1)- à une bonne préparation de la terre et à la meilleure exposition solaire.

2)- au besoin de l’enrichir selon les besoins spécifiques de la graine.

3)- à la bonne levée ou sortie de terre, biner au besoin.

4)- à l’élimination des mauvaises herbes.

5)- aux besoins d’arroser de soigner pour obtenir une bonne croissance, dans la saison prévue.

6)- à récolter au bon moment pour assurer la conservation de la récolte obtenue.

7)- à conserver et distribuer la récolte.

 

C- Quant à l’être humain, la première étape c’est une graine

1)- que l’on vient de semer

2)- elle va germer (grossesse)

3)- sortir de terre (naissance)

3)- former tiges et feuilles (petite enfance)

4)- former des fleurs (adolescence)

5)- former des fruits (maturité)

6)- produire des graines pour la reproduction (âge avancé)

7)- puis va se dessécher et mourir (grand âge)

 

D- La « graine humaine » porte en elle tout le potentiel génétique assurant son épanouissement pourvu que : les parents, la famille et les institutions veillent :

1)à assurer une bonne nourriture à la future mère, elle ne doit pas fumer, ni se droguer, faire suivre sa santé.

 

2)à ce que la grossesse et naissance s’accomplissent dans les meilleures conditions.

3)à bien nourrir le bébé, l’enfant, l’adolescent, l’entourer de soins attentifs, savoir le mettre en confiance dans le monde adulte, le corriger de mauvais gestes afin qu’il puisse ensuite mieux s’adapter et s’intégrer socialement et professionnellement dans les structures de la société.

 

4)manifester de l’amour et de l’intérêt à l’adolescent et au jeune adulte afin qu’il soit le mieux armé possible au plan de son épanouissement personnel, scolaire, social, professionnel, et dans la création de son propre foyer familial.

 

5)puis c’est la maturité, c’est ici le moment de s’occuper de soi, de faire le point sur le chemin parcouru, d’avoir le souci d’accomplir des activités qui donnent du sens à l’existence.

 

6)c’est l’étape du bilan de sa vie. Il faut s’organiser pour avoir des buts qui donnent du relief à l’existence : contacts d’amis, avoir des distractions, s’entretenir en ayant de l’activité physique de détente, pour éviter les maladies et la dépendance, être acteur de son état de santé en le faisant contrôler de façon régulière.

 

7)c’est le grand âge, il faut être en paix avec soi-même, il faut savoir passer le relais, accepter de lâcher prise et de laisser la place.

 

E- Explications de l’évolution de la vie

L’être humain veut être créateur et acteur de sa vie. A défaut, il va subir les évènements avec toutes les conséquences sur la fragilité de la personnalité, voir de la santé physique et morale.

 

L’être humain ose s’acheminer dans des chemins différents, ce qui le fait grandir par expériences.

 

La théorie de l’inconscient de Freud, consiste à considérer que le moteur de notre développement c’est la recherche du plaisir : 2 moments importants chez le bébé :

 

1er stade : Au début la zone privilégiée du bébé c’est la bouche (téter, sucer, boire, manger). Au niveau psychologique si les réponses sont adéquates aux besoins de l’enfant, il prend confiance en l’adulte : la non-satisfaction de ceux-ci entraîne la frustration et le repli sur soi. Pour bébé, l’estime de soi commence quand il s’aperçoit qu’il maîtrise sa propreté. Cette première étape comme les suivantes doivent être valorisées pour qu’il prenne de plus confiance en lui et dans son entourage. C’est sur ce mode de fonctionnement que l’enfant devient fier de lui. Le complexe d’Œdipe (vers 3-4 ans), l’enfant le résout en voulant ressembler soit à Papa ou à Maman (mimétismes).

 

2ème stade 6 -12 ans : c’est la période de l’apprentissage (scolaire, les contacts avec les autres).

 

3ème stade adolescence : c’est la période de l’affirmation, de l’explosion, il se rebelle à tout y compris aux parents, il veut se faire respecter. Cela est normal, mais il faut que l’adulte sache mettre des limites aux excès d’orgueil.

 

4ème stade âge adulte : c’est la période où se créée la famille, naissance des enfants, l’insertion professionnelle et sociale, la recherche d’amis, etc…

 

5èmestade maturité : il s’agit de s’occuper de soi, reprendre des projets qui n’ont pu être menés à bien jusqu’alors, faire le point, avoir des activités culturelles, physiques, des contacts et une ouverture aux autres (dans des limites bien précises) pour créer du lien, et avoir de l’occupation et du sens social à la vie. Etre à l’écoute de son corps, pour être en forme, avoir un bon sommeil pour se réveiller en forme, savoir se relaxer, respecter une bonne alimentation : (règle des 60-20-20) : [60% de légumes crus-cuits + 20% de protides: viandes, poissons, œufs+ 20% de glucides: pains pâtes, riz). Pour un repas de 500gr à 300gr légumes +100 gr protides + 100gr glucides.

 

6ème stade âge avancé : c’est la période où l’on fait le bilan de sa vie, on s’organise pour avoir des buts pour toujours être en permanence acteur de notre existence, prendre de l’exercice physique pour entretenir notre vitalité, et ce, en rapport avec nos possibilités afin d’éviter la dépendance et les maladies.

 

7ème stade grand âge : c’est la période où l’on cherche à être en paix avec soi-même, on cherche à passer le relais, et l’on accepte de lâcher prise, de laisser la place.

 

F- Certains découpent les périodes de développement par dizaine d’années

1ère dizaine : c’est la vie éducative dans le cocon familial, l’ouverture à la scolarité et aux autres.

 

2ème dizaine : c’est l’adolescence, la rébellion, l’affirmation de soi, les choix d’avenir professionnel

 

3ème dizaine : on quitte le foyer familial, on cherche à créer une structure de vie stable tant au point de vue personnel que professionnel. Il faut avoir des objectifs et des priorités et s’attacher à ne pas y déroger trop souvent de crainte de se voir diluer dans des futilités qui font rater la vie.

 

4ème dizaine : c’est la période où l’on fait la part entre les rêves et la réalité ; la carrière professionnelle à une part importante, où l’on constate des décalages dans le couple, on appréhende des mondes différents et l’on différencie nos emplois du temps, les crises antérieures non soldées refont surface, on veut donner un autre sens à notre vie.

 

5ème dizaine : plein d’énergie, on veut une vie plus légère, et utiliser son temps autrement.

 

6ème dizaine : l’expérience augmente avec l’âge, on prend conscience que la vie passe trop vite, on rêve de donner plus d’intérêt à la vie, d’entreprendre des activités motivantes, on veut jouer un rôle social. Ce n’est pas la vieillesse qui nous détruit mais l’image que nous nous en faisons.

 

7ème dizaine : période de solitude fructueuse, où l’on cherche parfois à se réaliser par rapport à son univers intérieur. On veut continuer d’être en lien et en relation avec l’extérieur et la famille.

 

8ème dizaine et plus : la vieillesse est une révolution mentale : une révélation guette celui qui avance le cœur et les yeux ouverts, c’est que les épreuves mêmes difficiles apportent toujours un plus et une satisfaction morale. Nous pouvons ainsi toujours profiter de nos ressources profondes.

 

G- Illustration expérimentale sur l’importance d’avoir des objectifs de vie et de s’y tenir

C’est le cas d’un exercice de philosophie appliquée livré aux élèves par un ancien professeur de l’E.N.A. Ce dernier a préparé au préalable sur une table :

1)- un grand vase en verre translucide.

2)- un bac contenant des galets.

3)- un bac contenant des graviers.

4)- un bac contenant du sable fin.

 

Les élèves sont intrigués lorsqu’ après avoir déposé des galets jusqu’en haut du vase, le professeur leur demande ce qu’ils constatent ? ! Après hésitation un élève répond que le vase est rempli de galets ! ? Un instant après le professeur prend le bac de gravier et en déverse tout ce qu’il peut dans le vase, le gravier s’infiltrant progressivement entre les galets jusqu’au sommet du vase. Le professeur repose la même question aux élèves !… et là ces derniers sont encore plus perplexes et d’aucun ne se hasarde à avancer que le vase est rempli ! ! Le professeur entretient le suspens, puis il saisit le bac de sable pour le déverser dans le vase, celui-ci s’infiltre entre les espaces libres existant encore entre les graviers et galets ! ! Le professeur redemande à nouveau aux élèves ce qu’ils constatent ! ! Ceux-ci, ne voyant plus d’autre ingrédient sur la table, la plupart affirment sans hésitation, que le vase est complètement rempli ! ! C’est alors que le professeur se baisse pour prendre un broc d’eau qu’il avait dissimulé sous la table. Il en déverse alors tout ce qu’il peut, l’eau s’infiltrant pour combler la totalité des interstices restant entre les 3 matières solides précédentes ! ! ? ?

 

Le professeur s’adresse alors à l’ensemble de la classe pour lui demander quels enseignements pratiques peut – on tirer de cet exercice, en l’appliquant à notre vie courante ? ?

 

La plupart disent que si le volume du vase représente notre existence, on vient de voir que celle-ci peut toujours être plus remplie ! ? Le professeur insiste pour avoir d’autres appréciations ? ! !

 

H- Ce dernier finit par dénouer le mutisme en déclinant les conclusions suivantes

1)- effectivement le constat que notre vie n’est pas toujours bien remplie est une évidence !

 

2)- les interrogations qui demeurent ont trait à la qualité et non à la quantité de vie :

2-1)- au plan métaphorique le professeur soulève les questions suivantes :

a)- que ce serait-il passé si j’avais d’abord disposé les graviers ou le sable dans le vase avant les galets ? ! …à il est clair que nous n’aurions pu mettre ces galets, toute la place étant prise par les graviers ou le sable !

b)- par contre si j’avais d’abord rempli le vase d’eau, il aurait été possible de mettre la même

quantité de galets, mais au risque de casser le vase et avec débordement d’eau partout.

 

3)- Conclusion expérimentale : les galets représentant nos priorités et objectifs de vie, il faut avoir le souci permanent de s’attacher à les faire prospérer et triompher. Hormis l’amour, l’amitié et la générosité partagées, les entraves, les priorités d’autrui :(les graviers, le sable, l’eau ont la capacité sournoise de s’infiltrer dans le vase = nos existences). Même si elles sont respectables elles ne doivent pas s’imposer à notre insu, en contrariant notre volonté.

 

Ces infiltration parasites risquent de casser le vase <=> notre vie

 

I- Enseignements tirés du débat

1)- L’activité mentale trouve son origine dès la petite enfance. Elle procède très souvent de façon inconsciente de l’analyse comparative continue de la réalité acquise, qui se trouve mise en corrélation /régulation, en recherche d’une interprétation en vertu du potentiel de notre univers mental inné. Potentiel humain qui nous porte à un perpétuel questionnement permanent en vue de trouver la meilleure réponse structurante à nos besoins d’équilibre avec l’univers externe.

 

C’est grâce à ce potentiel que nous pouvons interpréter les réponses acquises, transférées de l’univers mental de l’adulte et/ou de la pression sociale des institutions. C’est ce clivage entre l’inné et l’acquis qui constitue le résultat de cette quête permanente - née de l’impact du réel sur le psychisme inné - qui est le moteur de l’épanouissement. Il est fondamental de considérer l’être humain à la fois : comme le créateur/constructeur et l’acteur impénitent de sa propre existence.

 

2)- Si les réponses apportées sont le plus souvent positives, le bilan le sera aussi et alors les chances d’épanouissement de notre personnalité pourront prospérer.

 

Si c’est l’inverse, le bilan sera négatif. Ce déficit d’équilibre entraînant des frustrations et leur cortège des vices psychiques ou psychoses qui pourront entacher la personnalité et donc la vie: repli sur soi, difficultés de sociabilité, de communication,  etc…

 

3)- D’autre part, tous les évènements imposés par la pression familiale/sociale, sont destructeurs. Car ils sont tous vécus dans le stress comme des échecs au regard de nos objectifs originels.

 

Ces objectifs sont tous ceux qui trouvent acception car ils s’appuient sur la base du respect, de l’amour, de la générosité et de la recherche du plaisir de vivre.

 

4)- Si cette quête est durablement entravée d’obstacles récurrents, l’enfant puis l’adulte pourra être affectés de psychoses ou de complexes (bien identifiés par la science humaine) plus ou moins graves. Lesquels nécessiteront des psychothérapies adaptées à leur gravité.

 

5)- une autre approche pourra identifier et corréler les causes culturelles et éducatives favorables au développement idéal de tout le potentiel mental inné, propre à chaque être humain.

 

6)- L’analyse des circonstances et des causes à l’origine de déséquilibres psychiques, installées dès la petite enfance, et les effets de ces dérives préjudiciables à la continuité et à l’harmonie des phases de notre développement. C’est le cas, quand se creusent, parfois à notre insu ou de manière inconsciente, des écarts importants entre nos objectifs et besoins naturels les plus légitimes, propices à notre épanouissement et la réalité d’une vie de frustrations synonymes de replis sur soi, plus ou moins psychotiques, qui pourront miner nos santé mentale et physique, et ainsi nous éloigner, voire parfois durablement, des joies d’une vie sereine et équilibrée.

 

 

J- Résumé

Un ensemble de préceptes devraient être inculqués aux parents afin que leurs enfants soient l’objet d’un entourage affectif très attentif et permanent et ce dès la petite enfance. Aussi bien au sein de la sphère familiale que dans le cadre institutions éducatives. C’est à ce premier stade que peuvent s’installer des frustrations psychologiques et des replis sur soi, entachant notre vie.

 

Elles prennent le dessus, quand les réponses aux besoins de l’enfance sont inadéquates, refoulées, insatisfaites, ou lorsqu’elles font défaut. Il est fondamental que l’enfant puisse trouver confiance dans l’adulte. Par exemple, l’enfant prend de l’estime de lui, quand il se rend compte qu’il maîtrise sa propreté, mange seul, etc… A cette occasion, le parent doit valoriser tous ces progrès naturels pour que l’enfant soit encouragé et porté à être fier de lui. Bien vieillir c’est d’abord avoir une vie épanouissante tout au long de notre existence. A cette fin, nous devrions avoir une parfaite conscience des exigences naturelles et légitimes, propres à satisfaire la fonction des phases successives, qui forment un tout, et qui contribuent à la construction d’une vie de famille valorisante et des vies tant sociétale que professionnelle réussies. Toutes les valeurs qui fondent notre équilibre et par conséquent, notre droit à exister pleinement, doivent être reconnues et respectées de tous, voire défendues au besoin.

 

Le rapporteur,

Guy CARELLE.